Crins et Sabots
Matériel du cavalier

Bombe d’équitation : norme, taille, réglage et équipement

Par Élodie Marchal · 30 octobre 2026

Le matériel du cavalier se construit dans un ordre : la bombe d’abord, parce qu’elle protège la tête, puis les bottes, le pantalon, les gants et le gilet. Une bombe se choisit sur sa norme (NF EN 1384 au minimum), sur sa taille réelle et sur son réglage, puis se remplace après une chute ou à la date de la notice. Selle, filet et tapis viennent avec le cheval, jamais avant.

Un cavalier débutant se retrouve devant un rayon de bombes, de bottes et de pantalons sans savoir par où commencer. Les boutiques classent par marque ; le bon ordre, lui, dépend de ce qui protège et de ce qui peut attendre. Je donne ici ce que je dis aux élèves qui me demandent quoi acheter en premier.

Cette page est le point d’entrée de la rubrique Matériel du cavalier. Elle s’attarde sur la bombe, la pièce où l’erreur coûte le plus cher, puis passe en revue le reste de l’équipement dans l’ordre d’achat. La méthode de rédaction du magazine est décrite sur la page À propos.

La bombe passe avant tout le reste

On dit « bombe », « casque » ou « casque d’équitation » : c’est le même objet, et les trois mots se cherchent. Il n’a rien d’optionnel. Le règlement de dressage de la Fédération française d’équitation, dans son édition 2021, impose le casque aux normes équestres en vigueur dès que le cavalier est en selle dans l’enceinte du concours, y compris sur les pistes d’échauffement, quelle que soit la division.

Dans la plupart des établissements, un cavalier qui débute peut emprunter une bombe et parfois un gilet de protection. La FFE rappelle que cette mise à disposition est une pratique courante, et qu’elle suppose des casques destinés à l’équitation, portant la norme NF EN 1384. Un casque de vélo ou d’un autre sport ne convient pas.

Prêtée ou personnelle, la bombe n’a pas le même confort. Une bombe prêtée a servi à des dizaines de têtes, elle est rarement réglée pour la vôtre. C’est la première pièce que je conseille de posséder, avant même les bottes.

Lire l’étiquette : EN 1384, VG1 et les autres

À l’intérieur de la coque, une étiquette porte les marquages. Elle répond à une question simple : ce casque a-t-il été éprouvé pour une chute de cheval ? Le tableau ci-dessous classe ce que l’on y lit et ce que chaque mention prouve, d’après la FFE et les documentations des revendeurs spécialisés.

Mention Ce qu’elle indique À retenir
Marquage CE Conformité à la réglementation européenne sur les équipements de protection La FFE le juge nécessaire sur un casque prêté
NF EN 1384 Norme européenne des casques destinés à l’équitation Le seuil exigé par la FFE pour un casque mis à disposition
VG1 01.040 2014-12 Référentiel plus récent, présenté par les revendeurs comme plus exigeant sur les chocs latéraux Souvent recommandé en concours
ASTM F1163 / SEI Norme américaine, avec essais de choc, de pénétration et de jugulaire Fréquente sur les casques importés

Une seule règle compte avant l’achat : le règlement de l’épreuve que vous visez. La FFE parle de « normes équestres en vigueur » sans les lister dans le passage cité ; lisez le règlement de votre discipline, et au besoin demandez à votre moniteur. Un casque porte souvent plusieurs marquages, l’étiquette doit être lisible et intacte.

L’étiquette fait foi, pas la vitrine

Un mot comme « sécurité renforcée » sur un emballage ne remplace pas la norme imprimée à l’intérieur. Ouvrez, retournez le casque, lisez les marquages et la date de fabrication avant de passer à la caisse.

Choisir selon la discipline et la forme de tête

Une fois la norme vérifiée, quatre critères séparent un casque d’un autre. Aucun n’est supérieur en soi : tout dépend de l’usage et de la tête.

La forme intérieure d’abord. Les têtes ne sont pas toutes rondes : certaines sont plus ovales, plus longues d’avant en arrière. Un casque trop rond comprime les tempes et bascule vers l’avant, un casque trop ovale laisse un vide sur les côtés. L’essayage, avec la jugulaire fermée, tranche mieux que l’étiquette de taille.

L’aération ensuite. Les casques de saut et de cross comportent des orifices larges, utiles l’été, quand on galope. Un casque de dressage est plus fermé et plus habillé. Pour un enfant qui monte une heure par semaine en carrière couverte, la ventilation compte moins que le poids et le confort.

La visière enfin, amovible sur certains modèles. Elle protège du soleil et des branches en extérieur et se retire à la demande. La doublure complète la liste : une doublure lavable et amovible simplifie l’entretien, on y revient plus bas.

Le prix ne figure pas dans cette liste. Je ne le cite pas, faute de relevé daté : mieux vaut comparer deux ou trois casques en magasin, les mettre sur sa tête et faire le tour du rayon avec la jugulaire serrée.

Comment prendre sa taille ?

Les tailles varient d’une marque à l’autre : un « 56 » n’a pas la même assise chez deux fabricants. Le point de départ reste le tour de tête, mesuré avec un mètre ruban souple, bien à plat, juste au-dessus des sourcils et des oreilles, à l’endroit où le casque se posera. On reporte ensuite la mesure sur la grille du fabricant, jamais sur celle d’une autre marque.

Posé sur la tête, le casque doit tenir sans jugulaire. Il ne doit ni écraser le front ni laisser de vide à l’arrière. Secouez doucement la tête d’avant en arrière, d’un côté à l’autre : la peau du front suit le casque, il ne glisse pas dessus.

Pour un enfant en pleine croissance, la tentation est d’acheter une taille au-dessus « pour durer ». C’est une fausse économie : un casque trop grand bouge au premier trot. On préfère contrôler la taille à chaque rentrée, et à chaque fois que l’enfant a pris un centimètre de tour de tête.

Régler la bombe sur la tête

La bombe est plus ou moins bien posée selon le réglage. Cinq gestes, dans l’ordre, valent mieux que dix conseils en vrac.

  1. Poser le casque bien à l’horizontale : le bord avant se place à un ou deux doigts au-dessus des sourcils, sans couvrir le front.
  2. Serrer la molette ou le système de réglage arrière, quand il existe, jusqu’à sentir un maintien régulier.
  3. Passer la sangle sous le menton : la jugulaire doit laisser passer un doigt entre elle et le menton, pas plus.
  4. Secouer la tête dans tous les sens, bouche fermée puis ouverte.
  5. Tirer le casque vers l’avant, puis vers l’arrière, par le bord : la peau du front doit suivre le mouvement.
Les cinq gestes pour régler une bombe d'équitation : position, serrage, jugulaire, secousse, traction
Le contrôle de réglage en cinq gestes, à refaire à chaque séance.

Le geste de la jugulaire est celui que l’on bâcle. Une sangle lâche laisse partir le casque à la première chute, c’est exactement le moment où l’on en a besoin. Refaites ce contrôle à chaque séance, pas seulement le jour de l’achat : les cheveux, le chignon ou la saison changent le volume sous la coque.

Quand changer sa bombe

La règle la plus nette vient de la FFE : une chute entraîne automatiquement la mise au rebut immédiate du casque. Après tout impact ou chute, le casque est inspecté, puis conservé ou mis au rebut. Dans les faits, un casque tombé d’un cheval ne se garde pas. La mousse qui absorbe les chocs se tasse sans que la coque le montre.

Une chute n’est pas la seule cause. La FFE précise que la durée de vie théorique à retenir est celle indiquée dans la notice du fabricant. Les boutiques spécialisées avancent souvent cinq ans, parfois moins : seule la notice de votre modèle fait foi, en cherchant sur l’étiquette la date de fabrication.

Voici un calendrier de contrôle que j’applique avec mes élèves. Il ne remplace pas la notice, il la complète.

Moment Ce qu’on contrôle Décision
Avant chaque séance Jugulaire, boucle, coque sans fissure, doublure en place Réglage refait, casque écarté au moindre doute
Chaque mois Mousse intérieure, coque, vis ou clips de la visière Nettoyage, pièce défectueuse remplacée
À chaque rentrée, pour un enfant Taille et tour de tête Nouveau casque si le maintien a changé
Après une chute ou un choc Rien à vérifier Casque mis au rebut
À la date de la notice Date de fabrication sur l’étiquette Remplacement, même sans choc
Les quatre raisons de remplacer une bombe d'équitation : chute, date de la notice, croissance de l'enfant, défaut visible
Les quatre cas où la bombe change, quel que soit son état apparent.

Un casque d’occasion est donc un pari : on ne sait ni s’il est tombé, ni depuis quand il est stocké. Pour une pièce de sécurité, mieux vaut s’en passer.

Entretenir et ranger sa bombe

Un casque se lave avec ménagement. La doublure amovible se passe selon la notice, à la main ou en machine à basse température quand le fabricant l’autorise. La coque s’essuie avec un chiffon humide et un peu de savon doux. Solvants, produits d’entretien du cuir et autocollants sont à éviter : ils peuvent attaquer la matière sans que cela se voie.

Il sèche à l’air libre, loin d’un radiateur. La chaleur déforme la mousse, et un casque oublié dans un coffre de voiture en plein été n’est plus celui que vous aviez acheté.

Le rangement compte autant. Un sac dédié protège la coque des chocs dans le coffre. On ne le suspend pas par la jugulaire, on ne pose rien dessus. Un casque qui traîne sur une barrière ou dans une sellerie humide vieillit plus vite qu’à la maison. Si votre cheval est en pension, l’article sur la pension détaille le contrat et la visite à faire avant de lui confier une place.

Le reste de l’équipement, dans l’ordre d’achat

Après la bombe, l’ordre se règle sur deux questions : qu’est-ce qui protège, et qu’est-ce que le club peut me prêter en attendant ? Le tableau suit l’ordre que je donne aux élèves. Il ne cite pas de tarif : un prix sans relevé daté ne dit rien.

Rang Pièce Ce qu’elle apporte Premier critère de choix
1 Bombe Protège la tête Norme, taille, réglage
2 Bottes ou boots avec chaps Pied dégagé de l’étrier, jambe protégée du frottement Semelle plate, talon marqué, hauteur de tige adaptée au mollet
3 Pantalon d’équitation Confort sur la selle, pas de couture qui gêne Coupe, couture intérieure, tissu qui suit les genoux
4 Gants Adhérence et protection des mains sur les rênes Taille juste, doigts souples
5 Gilet de protection Protège le dos et le tronc en chute Taille, maintien, norme lisible sur l’étiquette
6 Selle, filet, tapis Matériel du cheval, pas du cavalier seul Ajustés au dos et à la bouche du cheval
Ordre d'achat de l'équipement du cavalier : bombe, bottes, pantalon, gants, gilet, puis selle et filet avec le cheval
Du plus protecteur au plus lié au cheval : l’ordre d’équipement d’un cavalier.

Les bottes comptent après la bombe. Une botte trop large laisse glisser le pied, une botte trop étroite coince la cheville au premier galop. La semelle fine et le talon marqué évitent que le pied traverse l’étrier : c’est le critère qui décide, avant la couleur ou la matière. Les boots courtes avec chaps remplacent des bottes hautes pour un budget plus serré, une jambe qui change de taille ou un enfant.

Le pantalon vient ensuite. L’essentiel tient dans la couture intérieure du genou et de la cuisse, qui frotte à chaque foulée. Un pantalon de sport ordinaire irrite en quelques séances. Les gants et le gilet se règlent comme la bombe : on les essaie en position de cavalier, bras tendus vers l’avant, avant de décider.

La selle, le filet et le tapis se choisissent en dernier, et presque toujours avec le cheval : une selle doit épouser le dos de l’animal, un filet sa bouche et sa tête. Vous cherchez un premier cheval ? La page sur l’achat d’un cheval explique dans quel ordre s’organise le budget, et la rubrique Races et robes aide à choisir la monture avant le sellier.

Une règle pour l’élève qui commence

Pendant les premiers mois, on peut emprunter presque tout au club sauf la bombe et les gants. Un élève qui monte chaque semaine y gagne en confort. Les autres pièces s’ajoutent quand le cavalier est sûr de continuer, après quelques mois de pratique, dans un ordre qui suit le tableau.

Pour la suite, les fiches Apprendre à monter expliquent ce qu’on attend d’un cavalier à chaque galop, ce qui aide à savoir quel équipement servira vraiment. Les pages de la rubrique matériel détailleront chaque pièce, une par une.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une bombe et un casque d’équitation ?

Aucune : les deux mots désignent le même équipement de protection. « Bombe » est le terme d’usage dans les écuries, « casque » celui des textes officiels et des normes. Ce qui compte est la norme imprimée à l’intérieur, pas le mot sur l’emballage.

Peut-on monter avec un casque de vélo ?

Non. La FFE précise que les casques prêtés doivent être destinés à l’équitation et porter la norme NF EN 1384 ; les casques de vélo ou d’autres sports ne conviennent pas à la pratique équestre. La forme et la zone de protection diffèrent.

Faut-il changer sa bombe après une simple chute au sol ?

Oui, si la chute s’est faite avec le casque sur la tête. La FFE indique qu’une chute entraîne automatiquement la mise au rebut immédiate du casque. La coque peut sembler intacte alors que la mousse intérieure s’est tassée.

Combien de temps garde-t-on une bombe ?

La durée de vie à retenir est celle de la notice du fabricant, rappelle la FFE. Les revendeurs avancent souvent cinq ans. Cherchez la date de fabrication sur l’étiquette intérieure et comptez à partir de là.

Quel est le bon réglage de la jugulaire ?

Un doigt doit passer entre la sangle et le menton, pas davantage. Trop lâche, elle laisse partir le casque en cas de chute. Trop serrée, elle gêne la respiration et la mastication. Refaites le contrôle à chaque séance.

Que faut-il acheter en premier quand on débute ?

La bombe, parce qu’elle protège la tête et qu’elle se règle sur la forme de votre crâne. Viennent ensuite les bottes, le pantalon, les gants, puis le gilet. Selle, filet et tapis s’achètent avec le cheval, pas avant.

Une bombe bien choisie, bien réglée et renouvelée à temps vaut mieux que la plus belle tenue. Commencez par elle, lisez l’étiquette, faites le contrôle des cinq gestes avant de monter. Le reste de l’équipement viendra à son rythme, et la rubrique le détaillera pièce par pièce.

Sources

FFE, « Prêt de matériel : respecter les règles » (La REF n° 146, août 2013), casques et gilets mis à disposition, norme NF EN 1384, mise au rebut après chute : ffe.com. Règlement des compétitions de dressage FFE (édition 2021), article 4.3 A, port du casque en selle. Autres repères : documentations de revendeurs spécialisés, signalées comme telles.

Élodie Marchal
Élodie Marchal

Monitrice d'équitation diplômée d'État — qui écrit ici.